Droits d’enregistrement sur cession de fonds de commerce

10 février 2026

8 min de lecture

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Lors d’une acquisition commerciale, les parties doivent s’acquitter de plusieurs taxes, notamment les droits d’enregistrement sur le fonds de commerce. Ces droits constituent une obligation fiscale essentielle dans le processus d’achat-vente d’une entreprise en France.

Définition et rôle du droit d’enregistrement

Le droit d’enregistrement correspond à l’impôt perçu par l’administration fiscale sur la transmission d’un fonds de commerce. Cette taxe s’applique à toute mutation de propriété à titre onéreux. Concrètement, il s’agit d’une formalité administrative obligatoire qui officialise la transaction auprès des services fiscaux. Par ailleurs, cet enregistrement confère une date certaine à l’acte de cession, le rendant opposable aux tiers.

Éléments inclus et exclus dans la cession

Pour calculer les droits d’enregistrement d’une cession de fonds de commerce, certains éléments sont systématiquement pris en compte dans l’assiette fiscale. Ainsi, la valeur des éléments incorporels (clientèle, droit au bail, nom commercial, enseigne) et corporels (matériel, mobilier, outillage) entre dans le calcul.

À l’inverse, d’autres composantes sont exclues du calcul des droits. Les marchandises neuves sont exclues de l’assiette des droits d’enregistrement. De même, les créances et les dettes ne sont pas considérées dans l’assiette fiscale. Quant aux immeubles, ils font l’objet d’une taxation séparée selon le régime des mutations immobilières.

Qui est redevable du paiement ?

En matière de droits enregistrement cession actions ou fonds de commerce, c’est généralement l’acquéreur qui supporte la charge fiscale. Cette obligation découle directement du Code général des impôts qui désigne explicitement l’acheteur comme débiteur légal de ces droits. Toutefois, les parties peuvent prévoir contractuellement une répartition différente des frais de cession. Le paiement doit s’effectuer lors de l’enregistrement de l’acte via le conseil rédacteur de l’acte (notaire ou avocat). Si la cession comprend des établissements situés dans différentes communes, le paiement se fait au service compétent pour le principal établissement.

Comment se calcule le droit d’enregistrement ?

La méthode de calcul des droits d’enregistrement constitue un élément déterminant dans l’évaluation du coût total d’une reprise de fonds de commerce. Ces droits suivent un barème progressif qui varie selon la valeur du bien transmis.

Barème par tranches en 2025

Le calcul des droits d’enregistrement du fonds de commerce s’effectue selon un système progressif par tranches. En 2025, le barème applicable est structuré comme suit :

  • 0% pour la fraction de valeur n’excédant pas 23 000 €
  • 3% pour la fraction comprise entre 23 001 € et 200 000 €
  • 5% pour la fraction supérieure à 200 000 €

Ce barème s’applique après déduction des éventuels abattements dont l’acquéreur peut bénéficier. Dans certaines zones prioritaires, un abattement de 300 000 € peut être applicable, réduisant ainsi considérablement la base taxable. 

Exemple de calcul concret

Prenons le cas d’une cession de fonds de commerce d’une valeur de 350 000 € sans possibilité d’abattement spécifique.

D’abord, la première tranche jusqu’à 23 000 € est exonérée, donc 0 € de droits. Ensuite, pour la tranche entre 23 001 € et 200 000 €, soit 177 000 €, le taux est de 3%, ce qui donne 5 310 €. Enfin, pour la fraction supérieure à 200 000 €, soit 150 000 €, le taux est de 5%, ce qui représente 7 500 €.

Le montant total des droits d’enregistrement s’élèvera donc à 12 810 € (0 € + 5 310 € + 7 500 €).

Cas particuliers : immeubles, marchandises, TVA

Certains éléments du fonds de commerce bénéficient d’un traitement fiscal spécifique. Ainsi, les immeubles inclus dans la cession ne sont pas soumis aux droits d’enregistrement du fonds de commerce, mais relèvent du régime des mutations immobilières, généralement plus élevé (5,80% plus frais de notaire).

Par ailleurs, les marchandises neuves cédées avec le fonds échappent aux droits d’enregistrement. Ces marchandises doivent faire l’objet d’un inventaire détaillé et d’un prix distinct dans l’acte de cession.

Exonérations et abattements possibles

Pour réduire le poids fiscal d’une acquisition commerciale, plusieurs dispositifs d’allègement existent. Ces mécanismes permettent aux repreneurs de bénéficier de conditions avantageuses sous certaines conditions spécifiques.

Abattement de 300 000 € : conditions et zones éligibles

Depuis le 1er janvier 2024, cet abattement a été relevé à 500 000 € (auparavant fixé à 300 000 €). Ce dispositif s’applique aux cessions en pleine propriété de fonds de commerce, fonds artisanaux, clientèles d’entreprises ou parts sociales. Pour en bénéficier, l’entreprise doit exercer une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, à l’exception de la gestion de patrimoine mobilier ou immobilier.

Par ailleurs, des taux réduits sont prévus dans certaines zones spécifiques. Notamment, les acquisitions réalisées dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs (ZFU-TE) ou les zones France ruralités revitalisation (FRR) bénéficient d’une réduction du droit enregistrement fonds de commerce à 1% au lieu de 3%. 

Cette mesure vise à dynamiser l’activité économique dans ces territoires prioritaires.

Exonération pour salariés et membres de la famille

L’abattement de 500 000 € sur les frais de cession s’applique principalement à deux catégories d’acquéreurs. D’une part, les salariés titulaires d’un contrat à durée indéterminée depuis au moins deux ans et exerçant à temps plein, ou les apprentis dont le contrat est en cours au moment de la cession. D’autre part, les membres du cercle familial proche comprenant le conjoint, le partenaire de PACS, les ascendants et descendants en ligne directe, ainsi que les frères et sœurs.

Cette exonération ne peut être utilisée qu’une seule fois entre un même cédant et un même acquéreur. Pour les fonds ou parts acquis à titre onéreux, le vendeur doit les avoir détenus pendant plus de deux ans. Toutefois, aucun délai n’est exigé si le cédant a lui-même acquis le bien à titre gratuit.

Engagement de maintien d’activité : attention aux conséquences

L’obtention de ces avantages fiscaux est conditionnée par un engagement formel : le repreneur doit poursuivre l’exploitation du fonds ou l’activité de la société pendant une période minimale de cinq ans à compter de la date d’acquisition. Cette exploitation doit constituer son activité professionnelle unique et être exercée de manière effective et continue. En cas de non-respect de cet engagement, l’acquéreur devra s’acquitter, à première réquisition, du complément d’imposition dont il avait été dispensé. Cette obligation peut représenter une charge financière importante et inattendue en cas de difficulté ou de changement de stratégie.

Procédure et délais à respecter

L’enregistrement officiel d’une cession de fonds de commerce implique plusieurs formalités strictes à respecter. Le respect des délais constitue un élément fondamental pour éviter des pénalités coûteuses.

Quand et comment enregistrer l’acte de cession

Le rédacteur de l’acte doit enregistrer l’acte de cession auprès du service fiscal compétent sans attendre s’il s’agit d’un acte sous signature privée, ou sous un délai d’un mois suivant la signature pour un acte authentique. En pratique, ce délai est souvent réduit à quinze jours puisque la vente doit être publiée dans un journal d’annonces légales dans ce même délai. Le dépôt comprend obligatoirement l’acte de cession en deux exemplaires, le formulaire de déclaration de mutation en trois exemplaires et le formulaire de déclaration de l’état du matériel en trois exemplaires.

Où payer les droits d’enregistrement

Le paiement des droits enregistrement du fonds de commerce s’effectue auprès du service des impôts du lieu de situation du fonds. Plusieurs modalités de règlement sont acceptées : espèces (jusqu’à 300 €), chèque (pour les montants inférieurs à 1 000 €), chèque certifié (au-delà de 1 000 €) ou virement bancaire. Les droits doivent être acquittés lors de la présentation de l’acte à la formalité.

Pénalités en cas de retard ou d’oubli

En cas de non-respect des obligations d’enregistrement, des sanctions financières s’appliquent. Un dépôt tardif entraîne un intérêt de retard de 0,2 % par mois et une majoration de 10 %. Un paiement hors délai génère un intérêt de 0,2 % mensuel et une majoration de 5 %. Toutefois, une réduction de 50 % de l’intérêt de retard est possible en cas de régularisation spontanée.

Les droits d’enregistrement représentent donc un aspect crucial lors de l’acquisition d’un fonds de commerce en France. Comprendre leur fonctionnement permet à l’acquéreur d’anticiper correctement les coûts associés à son projet entrepreneurial. 

Face à la complexité des démarches et aux nombreux enjeux liés à la reprise d’un fonds de commerce, il est essentiel d’être bien accompagné par des professionnels compétents. Un conseil avisé permet de sécuriser chaque étape et d’éviter les écueils administratifs ou fiscaux. N’hésitez pas à nous contacter pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans votre projet de reprise.

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